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Seconde chance

Brisée, méconnaissable, répugnante et inutile ; voici comment j’étais désormais. A vouloir vivre ma vie comme je voulais, j’avais fini par ne plus avoir de vie…

By MYRIAM BOA

J’étais presque certaine après toutes ces années, de pouvoir te raconter cette partie de ma vie sans tremblement ni larmes ! Mais faut croire que ça reste toujours aussi difficile et douloureux. C’est une partie de moi que rien ne pourra faire disparaître, j’en suis tatouée de l’intérieur comme pour que je n’oublie jamais d’où le Christ m’a tiré.

J’étais censée être une jeune fille sage, intelligente et modèle ; et ma famille y avait largement pourvu. En tant qu’aînée de 4 sœurs, en plus de l’éducation et de la foi catholique qui avait meublée mon enfance, j’ai dû avoir très tôt le sens des responsabilités avec son lot d’exigences mais surtout d’abnégation. A l’école ou même au quartier je me sentais en tout point différente et incomprise, ce qui a fait de la petite fille extravertie que j’étais une adolescente renfermée. A l’époque j’avais même pour ambition de devenir religieuse ! Et oui, plus qu’un idéal de vie pour moi, j’avais réellement appris à aimer Dieu jusqu’à ce point.

Mais pourquoi je décide de te raconter mon témoignage en commençant par mon enfance ?

J’entends plusieurs personnes dire que la plupart du temps, ce sont nos fréquentations qui sont la base de nos dérives. Ce qui n’est pas faux, mais à considérer, je pense, avec réserve.

« J’aimais le sexe sous toutes ses formes et pour moi plus c’était vulgaire et violent, mieux c’était. »

Tu sais quoi ? Pendant que mon entourage m’avait classé comme la sainte de service et que je n’avais que très peu d’amis, j’ai personnellement nourri en moi le désir de devenir une autre personne. Mes goûts, mes habitudes avaient commencé à être modifiés par moi-même à cause de mes frustrations et de mon isolation.

La Bible dit dans le livre de proverbe que tel l’homme pense, tel il est ; et les scientifiques que : nous attirons à nous ce que nous pensons. L’un mis dans l’autre, j’ai connu ma première histoire amoureuse qui s’est soldée par un bel échec. Et à partir de cet instant, j’avais comme trouvé l’excuse parfaite pour être cette personne au fond de moi que j’avais entretenue tout ce temps. Je me souviens que ma première cigarette quand je l’ai prise à 18 ans, on m’a demandé : tu es sûre que c’est ta première fois ? (rire) Après cela, se sont enchaînées les sorites en boîte, les petit-amis… j’avais comme une fièvre chaque weekend qui faisait qu’il m’était impossible de rester à la maison quitte à dépenser tout mon propre argent. En effet, j’avais quitté les parents pour poursuivre mes études et une fois à Abidjan j’ai très vite cherché à être hors du contrôle parentale. Qu’est-ce que je cherchais désormais ? A prouver aux autres qui qu’ils soient que je n’étais pas un objet ou une personne faible qu’ils pouvaient contrôler mais tout le contraire. J’aimais me sentir et me savoir désirée et convoitée, le sexe pour moi n’avait plus aucune valeur, c’était juste un moment charnel où on se vendait mutuellement du rêve. On disait en ce temps que voir un homme enchaîner relation sur relation au point de coucher avec plusieurs filles la même journée, c’était avoir du succès ! Je ne me suis donc pas gênée pour adopter pareille mentalité et j’en étais fière.

 

J’aimais le sexe sous toutes ses formes et pour moi plus c’était vulgaire et violent, mieux c’était. Je me disais en moi-même : puisque c’est tout ce que vous voulez de moi, je vous en donnerai au point où même quand vous m’aurez laissé pour une autre ou jusque dans votre mariage, jamais vous ne réussirez à m’oublier. Proverbe 30, 18-19 : « Il y a trois choses qui sont au-dessus de ma portée, Même quatre que je ne puis comprendre : la trace de l’aigle dans les cieux, La trace du serpent sur le rocher, La trace du navire au milieu de la mer, Et la trace de l’homme chez la jeune femme ». J’étais déterminée à devenir celle qui laisserait désormais des traces aux hommes.

Quoi que je n’aie jamais eu de relation avec des hommes mariés, ils n’en étaient pas épargnés pour autant. C’était plus pour de l’argent que je leur accordais de l’attention. Et je savais comment les dompter parce ce que j’avais appris l’art de la manipulation et je pouvais faire croire à n’importe quel homme qu’il était un dieu dont j’étais incroyablement éprise et qu’il menait du bout des doigts… Si tu crois que j’avais besoin de me droguer pour faire tout ça, je peux te dire que non. D’ailleurs la drogue quand je m’y suis mise c’était juste par désir de frimer et souvent pour arriver à dormir. En matière de vice, il se peut que les seuls que je n’ai pas touché soient : le vol, l’occultisme et le meurtre.

Tu pourrais te demander d’où me venait pareille rage et noirceur intérieur ? Peut-être de ma relation complexe avec mes parents surtout mon père avec qui la communication s’est brisée du jour au lendemain pour laisser place à des discussions que sur les études (j’avais l’impression que c’était tout ce qui l’intéressait dans ma vie quoi que ce fût juste une mauvaise interprétation de ma part). Peut-être le coup de la rupture de ma première relation amoureuse parce que comme on le dit ‘’j’étais faaaaaan du gar’’. Peut-être ce que je lisais souvent sur internet, ce que je voyais à la télé, ce que j’entendais mon entourage raconter, les attouchements et abus sexuel. Peut-être cette pression de l’ainée qui n’a pas droit à l’erreur…

Je te partage ces mots et je me demande comment une personne peut-elle écrire à son sujet avec autant de mots et faits dévalorisants ? Je peux très bien voiler les choses, te parler avec retenue, mais souviens toi du titre de mon article !

Quand on arrive à ce stade, peu importe la dureté de cœur qu’on peut avoir, je peux t’assurer qu’on en vient à se dégouter soi-même. J’ai entendu des choses, vu des choses, on m’en a montré de toutes les couleurs tandis que je croyais me venger ou faire ma loi. Le poids d’un tel vécu ne peut que conduire à la mort. Et c’était ma prière désormais : je désirais mourir. Me regarder dans un miroir était un exercice des plus pénibles ; je voulais juste détruire ce qu’il restait de moi et mourir. Pendant la nuit, je restais souvent éveillée à pleurer, à me déchirer le corps avec mes ongles…Le jour je cherchais toujours du bruit, de l’alcool, je m’étais faite percer le nez puis les lèvres (plus pour blesser davantage mon corps que pour être belle) …

Permets-moi pour ce jour de m’arrêter là.

Je ne sais quels ont été tes erreurs par le passé, ni même quels sont les vices qui te maintiennent encore aujourd’hui. Mais je sais deux choses :

-Tu n’es pas cette personne que tes erreurs ont faites de toi aujourd’hui

-Si tu le désire vraiment, aujourd’hui même, tu peux revenir à Christ et il est prêt à t’accorder une seconde chance.

Si de cette vie de pourriture que j’ai vécue pleinement pendant 2 ans, Christ a pu m’accepter à nouveau et faire de moi la femme que je deviens aujourd’hui, laisse-moi te dire que tes bassesses à toi ne peuvent éteindre le feu de son amour !

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